Préambule
L’initiative des 12% fait réagir toute la classe politique du canton de Vaud. Cette initiative, dont le nombre de signatures a largement dépassé le nombre officiel exigé a été déposée en 2023. On peut donc imaginer que la gestation de cette idée est antérieure aux résultats des élections cantonales de 2022. On peut aussi imaginer que bon nombre de PLR ont soutenu la campagne qui a entouré la recherche de signatures. Sans aller trop loin dans des recherches historiques, tout porte à croire que les trois candidats PLR au Conseil d’Etat ont soutenu cette initiative, voire l’on utilisée dans leur campagne électorale. En sachant que deux d’entre eux n’étaient pas encore au Conseil d’Etat, leurs convictions d’alors les incitaient à demander des baisses fiscales et des économies pour les compenser.
Le côté politique
Après l’élection du printemps 2022, et une entrée en fonction au 1er juillet de la même année, il aurait été logique que cette promesse électorale devienne une priorité politique.
Aujourd’hui ce n’est pas le cas. Les trois refusent l’initiative sous prétexte qu’elle va mettre en danger le canton. En fait, tout porte à croire qu’il s’agit plus d’un danger politique, à l’aube d’une prochaine campagne électorale. Quand on sait la levée de bouclier de la gauche lors de l’établissement du budget 2026, alors que la droite essayait péniblement d’économiser entre 200 et 300 millions, on comprend que nos trois édiles de droite ne veulent pas revivre cela en automne alors qu’ils commenceront à faire campagne pour leur réélection.
De même, les affiches portant le slogan « arnaque fiscale » défendant un non dans les urnes devraient faire hurler tous bons membres PLR.
Le côté financier
En ce qui concerne la réalité financière, elle est simple : selon le Conseil d’état, l’initiative coûterait au canton 272 millions. Donc 272 millions à compenser en économie sur l’ensemble du budget cantonal qui se monte à… 12,677 milliards. Quand on a dit cela, on a déjà presque tout dit sur le volet de l’argent.
Néanmoins, on doit quand même dire qu’année après année, les recettes fiscales augmentent, mais que les dépensent augmentent encore plus massivement. Dans un ménage, on prévoit des dépenses en fonction des revenus et pas le contraire.
En termes de finances, il y a une seule chose qui est incontestable, ce sont les statistiques données par les cantons eux-mêmes et toutes laissent apparaître le canton de Vaud comme un canton très gourmand au niveau fiscal.
Enfin, le dogme du riche qui bénéficierait de la baisse et du pauvre qui la paierait, défendu par la gauche ne tient pas longtemps la réflexion. Dans une ville comme Nyon, plus de 22% des citoyens ne paient pas d’impôts. Eux font partie « des pauvres », mais ne paieront pas un franc de plus en cas d’acceptation de l’initiative.
Claude
